Eruptions de jour

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Les éruptions de l'Etna

Les géologues considèrent que l’activité historique de l'Etna débute avec l'éruption de 122 av. J.-C et la formation du cratère del Piano. Depuis, l'Etna a connu des centaines d'éruptions. On peut distinguer quatre grands types d'éruptions :

 

Les éruptions sommitales

Activité strombolienne. Elles se produisent dans l'un des quatre cratères du sommet, avec le plus souvent un lac de lave ou la constitution d'un petit cône de scories suite à des explosions dites stromboliennes (relatives à l'activité du Stromboli, qui présente depuis des millénaires ce type d'activité). Cette activité se manifeste aussi par un dégazage important. C'est l'activité la plus habituelle sur l'Etna. Avec parfois un débordement de lave depuis un des cratères.

Activité paroxysmale. Parfois un des cratères du sommet présente un paroxysme, comme ce qui s'est produit récemment au cône Sud-Est. Le plus souvent imprévisible, une fontaine de lave de plusieurs centaines de mètres de hauteur (elle peut atteindre les 800 m) sort d'un des cratères. Ce phénomène dure quelques minutes à plusieurs dizaines de minutes. Voir un peu plus loin le cas de l'éruption du 24 septembre 1986.

Les éruptions phréatiques. Cette relative simplicité de l'activité des cratères sommitaux de l'Etna est oblitérée par l'eau. Il peut ainsi se produire des explosions dites phréatiques ou phréatomagmatiques après de fortes pluies ou des chutes de neige, entraînant parfois aussi des effondrements à l'intérieur des cratères. C’est une explosion due à une surpression d’eau, proche d’une source de chaleur. Elle projette des blocs du soubassement avec parfois le passage à une éruption phréatomagmatique qui est le résultats de la rencontre entre du magma et de l’eau.

Les éruptions latérales

Ces éruptions se produisent sur les flancs du volcans.

En fait, selon que l'éruption est proche des cratères ou éloignée nous distinguerons deux types :

Les éruptions latérales. Comme celles qui se sont produites récemment (1983, 1984, 1991-1992, 1999), sont des fissures éruptives, avec un dyke issu des cratères sommitaux. Ces fissures se mettent en place entre 2900 m et 2000 m. Ce type d'éruption se caractérise par une très faible activité explosive, avec une mise en place uniquement de quelques hornitos et émission de coulées de lave de type aa.

Si la pente est importante, comme pour l'éruption de 1991-1992, ou comme pour l'éruption de 1983, les coulées peuvent engendrer des tunnels de lave. Ces tunnels peuvent devenir un risque car ils maintiennent toutes les propriétés rhéologiques de la lave à plusieurs km du point d'émission. D'ailleurs la lave quand elle sort de ces tunnels se présente avec une morphologie de type pahoehoe, caractéristique d'une lave très fluide et très chaude comme on peut l'observer à Hawaii.

Les éruptions dites excentriques

Elles sont relativement rares dans le temps, mais la mémoire de l'Homme s'en souvient, car se sont les plus destructrices. En effet, à basse altitude de 600 à 1900 m des petits volcans explosifs peuvent se mettre en place, comme ce qui est arrivé en 1669 à Nicolosi, avec la "construction" des monte Rossi et l'émission d'une coulée de lave abondante qui détruisit une partie de la ville de Catane et une quinzaine de villages. Ce fut le cas égalemnt avec l'éruption de 1928 qui détruisit le village de Mascali. Ce type d'éruption est à l'origine de tous ces cônes, dits adventifs, qui parsèment les flancs de l'Etna. Ces cônes volcaniques sont plus nombreux sur les versants Sud et Nord-Nord-Est et traduisent une zone de "rift", une zone de faiblesse de l'Etna qui est un passage privilégié du magma.

Sur le flanc est, le Valle del Bove était, au XVIIIème siècle, une zone boisée appartenant à l'archevêque de Catane. Les éruptions qui s'y sont suivies depuis 1792 n'ont laissé qu'un immense paysage de désolation d'un noir profond. Cette vallée minérale a perdu ce qui lui restait de végétation avec l’éruption de 1991-1992, qui menaça le village de Zafferana se présente avec une forme en fer à cheval, comme au mont St-Helen's à la suite de l'éruption du 18 mai 1980. Cette vallée très impressionnante fait 6 km de long (Est -Ouest) pour 5 km de large (Nord-Sud)..

Les dykes, les anciens filons d’alimentation des édifices antérieurs à l’Etna actuel, émergent dans les parois de la Valle del Bove. Ces filons, il y en a plus de 300, déchaussés par l’érosion, constituent de véritables murs de laves massives, que les anciens devaient prendre pour des fortifications bâtis par des Dieux. En effet, le refroidissement de ces dykes créé une prismation hexagonale, pouvant faire croire à une muraille construite par un habile maçon.

C'est aussi un énorme réservoir capable de recevoir les nombreuses coulées de lave dévalant l'Etna ou liées à une éruption locale au Valle del Bove.

Ces rivières incandescentes sont généralement la conséquence d'ouvertures de fractures sur les flancs du volcan. Au cours de leur descente, elles peuvent disparaître à un endroit pour resurgir plus bas après un parcours souterrain.

Si les coulées s'épanchent sur un autre flanc du massif, elles ne peuvent être contenues par le Valle del Bove. Ainsi, en 1669, la ville de Catane, située en bord de mer à une quinzaine de kilomètres de l'Etna, est en partie détruite par une coulée de lave. L'éruption débute par une explosion dispersant des nuages de cendres à cent kilomètres à la ronde. Elle durera 122 jours et rejettera un kilomètre cube de lave.

Rien que depuis cette époque, une vingtaine d'éruptions de l'Etna ont dépassé le million de mètres cubes de lave émis. L'Etna, c'est aussi depuis 1987 un parc naturel régional de 50.000 hectares. Quatre zones protégées réglementent les activités agricoles et forestières, les cueillettes, les accès et promenades.

 

 

 

 

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